Chaque année, environ 100 millions de patients dans le monde présentent des cicatrices1. Il s’agit donc d’un problème courant, mais les cicatrices peuvent également avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patients. Les recherches montrent que les cicatrices affectent le bien-être psychologique des patients2, ce qui peut conduire à l’anxiété, à l’isolement social et à la dépression3,4.
Certaines personnes peuvent penser que les cicatrices ne laissent qu’une marque physique, mais elles ont également un impact émotionnel et mental considérable pour de nombreux patients. Chacun porte sa cicatrice de manière différente. Certaines personnes les portent comme un « badge d’honneur » – un rappel de la guérison d’une maladie grave telle que le cancer, tandis que d’autres se sentent gênées et manquent de confiance en elles face à des cicatrices visibles. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix, mais il est important de reconnaitre l’impact psychologique des cicatrices et de soutenir les personnes concernées.
Acceptation et guérison
Si une brûlure, une écorchure ou une plaie qui traverse les couches profondes de la peau n’a pas cicatrisée au bout de 10 à 14 jours, la réalité est qu’elle formera une cicatrice. Plus tôt vous accepterez cette réalité, plus vous serez en mesure de protéger et de traiter la cicatrice afin d’en améliorer l’apparence au maximum. Toutefois, une enquête récente menée au Royaume-Uni a révélé que 82 % des personnes ne savent pas que les cicatrices peuvent être traitées jusqu’à deux ans après la blessure initiale5.
Certaines situations sont plus complexes sur le plan émotionnel et psychologique – par exemple, les cicatrices causées par l’automutilation – ces patients auront besoin d’une aide professionnelle plus importante sur une période plus longue. L’automutilation est un problème de santé mentale croissant. Souvent, ce n’est que lorsque les patients sont complètement rétablis qu’ils sont en mesure d’accepter leurs cicatrices et d’envisager un traitement.
Trouver sa voix
Les réactions des gens face à des cicatrices visibles peuvent varier, certains posant des questions indiscrètes tandis que d’autres ont un regard gêné. Cela peut être difficile à tout moment, mais surtout dans des situations sociales déjà tendues, comme un premier rendez-vous ou un entretien d’embauche. Les enfants dont les parents les encouragent à parler de leurs cicatrices et à répondre aux questions souvent indélicates des autres ont plus de chances d’accepter leurs cicatrices et d’y faire face. Il en va de même pour les adultes : trouver votre voix et être capable de parler de vos cicatrices vous aidera à long terme.
Les hommes aussi ont des cicatrices…
Il existe une idée reçue selon laquelle les hommes ne devraient pas se préoccuper de l’apparence d’une cicatrice – que ce n’est pas « macho » ou que les cicatrices devraient être portées comme un signe de « dureté », comme le cliché du super héros masculin. En réalité, si les hommes peuvent vouloir montrer leurs cicatrices avec fierté, ils doivent aussi comprendre qu’il est normal de dire qu’ils n’aiment pas leurs cicatrices et qu’ils veulent prendre soin de leurs apparences.
Il n’y a pas de mal à se couvrir
De nombreuses personnes sont fières, à juste titre, de montrer leurs cicatrices. Cependant, dans certains cas, les gens se sentent plus à l’aise en « couvrant » leurs cicatrices à l’aide de produits cosmétiques appelés « camouflage ». Il ne s’agit pas de cacher la cicatrice, mais d’utiliser le maquillage pour se sentir plus sûr de soi, physiquement, émotionnellement et mentalement. Nous utilisons des produits cosmétiques tous les jours pour améliorer l’aspect et le toucher de notre peau et dissimuler les imperfections ou les cernes – pourquoi en serait-il autrement avec les cicatrices ?
Vous n’êtes pas seul
Les cicatrices peuvent apparaître sur des personnes de tous horizons et à tous les stades de la vie. Que vous ayez eu une cicatrice lors d’un accident à l’adolescence ou à la suite d’une intervention chirurgicale récente pour enlever une tumeur ou une césarienne, n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul(e). Votre réaction émotionnelle à votre cicatrice est valable, quelle que soit votre expérience. Si vous avez du mal à accepter votre cicatrice, vous pouvez obtenir de l’aide. Parlez-en à votre médecin généraliste qui pourra vous orienter vers un professionnel de santé spécialisé ou un groupe de soutien. Vous pouvez également contacter une organisation caritative qui soutient les personnes souffrant d’une maladie ou d’une blessure affectant leur apparence.
Référence :
- Bayat A, et al. Skin scarring. BMJ. 2003; 326(7380): 88-92
- Signorini M, et al. Clinical evaluation of a new self-drying silicone gel in the treatment of scars: a preliminary report. Aesthetic Plastic Surgery. 2007;31(2):183-7.
- Kerwin LY, et al. Scar prevention and remodeling: a review of the medical, surgical, topical and light treatment approaches. International Journal of Dermatology 2014;53:922–36.
- NHS Choices: Emotional effects of scarring. Available at nhs.uk/conditions/scars/#emotionaleffects- of-scarring Accessed 29 November 2017.
- Enquête en ligne menée par Atomik Research auprès de 2 000 adultes britanniques. Le travail de recherche sur le terrain a eu lieu en mai 2018. Atomik Research est une agence d’études de marché créative indépendante qui emploie des chercheurs certifiés.
- Morgan C, et al. Incidence, clinical management, and mortality risk following self harm among children and adolescents: cohort study in primary care. BMJ. 2017; 359: j4351
KC/24/011/SI – Septembre 2024